Eric Zemmour et les races
Quand cela cessera-t-il ?
Quand cela cessera-t-il ?
Noir, nègre, caramel, black, coloré, negro, africain, basané, bronzé, brûlé, café, charbon, hâlé, noirâtre, sombre.
J'aime ces mots. Et pourtant je me suis longtemps senti mal à l'aise, face à mes frères d'autres teintes (moi le rosâtre ou rougeaud, blanc gris en hiver). Mal à l'aise même dans leur affection car j'avais la sensation, si directe et redoutable que quel que soit le mot qui se glisse entre mes lèvres pour les désigner, eux dont un peu de mélanine a dessiné le contour autrement sous le soleil, quelque soit ce mot il dresserait entre nous le glacis de la différence et des parcours de vie.
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Que par cette brisure s'engouffreraient encore les millénaires de malentendus, de haines, de mépris, d'amours incomprises, de castes et de misère intellectuelles, d'honneurs infantilisants et de colères macérées. De culpabilités, de fausses mémoires, de naïvetés rouées ou sincères. Entre nous, entre eux, entre eux et ceux d'autres teintes et cultures encore. Toujours ces mêmes manipulations et simplifications, à tous les étages. Partout, d'Orient en Occident. Réduction en miettes de la pensée, du partage, de l'humanité par la "crainte" de ce que l'autre a vécu de la différence.
Depuis quelques jours il nous est montré qu'un peu de cette fumée pourrait se dissiper.
Un peu. Pas davantage que chez nous, blancs, le partage de la peau n'empêche les cons ou les meurtris, les peureux et les haineux, les ignorants et les pions de détester les gros, les vieux, les laids, les handicapés, les femmes, les homos, les mâles les ariens, sémites et tant d'autres. Il y aura toujours un moyen de retirer à l'autre une part d'humanité en le marquant d'une différence.
N'empêche. Pour cette génération un peu peu plus qu'hier, et sans tomber dans la moindre Obamania, que ce président soit excellent ou détestable, le mot de noir veut dire plus de ressemblance.
Dis moi ta douleur. Ta couleur et le reste, je m'en fiche.
Notons que métis n'existe pas dans la désignation des catégories "raciales", dans le sens des groupes que les Etats-Uniens cochent dans leur déclaration d'origine. Le métis cochera plusieurs cases (ils sont 2,5 % à le faire aux Etats-Unis). Jusqu'à quelle génération ? Est-ce car le problème du métis n'existe pas ? Ce pourrait être une hypothèse. Mais bien entendu, c'est le contraire. Puisque s'appliquait le principe de "one drop" : une goutte de sang noire chez un ancêtre faisait de vous un noir (quel aveu dans cette règle !)
Et puisque dans les années 60 encore, la "miscegenation" ou le métissage, dans cette horrible appellation, était considérée un crime dans bon nombre d'états américains, et jusqu'en 1967 les mariages interraciaux interdits en Virginie.
Ailleurs aussi, la mère d'Obama eut été lapidée.
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J'ai aimé trouver cet indice dans la biographie de Barack Hussein Obama, "President elect" : lorsqu'on l'interroge sur l'origine de la force de son engagement à l'égard de la réconciliation des ethnies, il cite volontiers et régulièrement la découverte qu'il fit, jeune homme, de la fascination de sa mère pour les personnages du film Orfeu Negro, de Marcel Camus (Palme d'or à Cannes en 1959).
Le chant du sable s'écoulant sur les dunes n'est pas un phénomène "nouveau". Mais pour qui est intrigué par de telles surprises, le fait que des chercheurs de l'Ecole Normale Supérieure (écouter ICI) s"y consacrent est un plaisir délicat.
fotoC'est la bonne nouvelle de ce lundi. L'inutile et ridicule raz de marée des médias à propos des élections US et le choc psychologique que la planète en espère (dernier horizon, nouvelle frontière, le show bizz en lieu et place des idéologies ?) va se conclure cette semaine.

La petite renarde rusée, à l'Opéra Bastille, déjà presque fini... (dernière le 12 novembre). Outre la légèreté de la production, l'allant et l'incandescence de la jeune Elena Tsallagova, parfaite en renarde faisant chuter l'homme de son illusoire piédestal au centre du Cosmos, on peut noter l'aisance avec laquelle un livret limpide et une partition sans prétention peuvent traiter un sujet aussi vaste que les rapports de culture et de la nature. Puéril, diront les grincheux. Non, l'opéra cela peut être juste sans être de plomb. Eblouissantes antipodes de Parsifal ou d'Adio Garibaldi. Bravo Janacek. Et bravo les poules, aussi.
Je sais, je ne suis pas économiste. Mais en ce moment, avec tous ces experts à deux centimes, Jean-Marc Sylvestre en tête, je me dis que sur le zinc de "Chez Gégé" cela ne se débrouille pas plus mal, en comparaison...
Et à ce propos : "Haha, hips, et tu crois vraiment que les Ricains vont rembourser leur dette", pourrait être la brève de comptoir du jour.
source Wikipédia
Ne nous y trompons pas. La crise "réelle", la récession dans laquelle nous sommes depuis une année et sans doute pour une ou deux autres encore est un bas de cycle économique en relation directe avec la dernière bulle spéculative : celle de l'immobilier. Celle-ci avait été déclenchée au début des années 2000 par le système de décision américain, et notamment la Fed et les conseillers économiques de White House, en octroyant de l'argent facile aux banques (et aux amis industriels). L'économie US étant en quasi-panne, le seul secteur à en profiter jusqu'à la folie a été l'immobilier. Grâce à une machinerie, une "ingénierie" financière aussi performante que stupide : le pari sur la hausse perpétuelle du marché. Même un gamin de cinq ans a compris que les tas de sucettes ne grimpent pas jusqu'aux étoiles. Les Américains (moyens) l'ignorent. Remarquez ils sont nombreux à croire que Barak est Arabe, qu'Oussama dirige l'Irak et que le Monde a été créé par Dieu. Alors...
Oh, le vieux Gourou à lunettes, ce cher Alan (Greenspan) avait bien vu le camion foncer vers le mur. Alors tout doucement il a fait monter les taux, lui qui les avait mis si bas pour faire plaisir à la relance de Bush et au financement de ses guerres. Doucement car il s'agissait de faire alunir la bulle en la dégonflant comme un airbag. Son successeur à la barre de la Fed, Ben Bernanke, fit pareil. Tout cela n'allait pas trop mal.
Mais voila. Certains banquiers eurent le vertige, la bulle explosa encore et encore, les mécanismes de repli s'engagèrent (hausse des matières premières et des monnaies refuges) les alliés financiers (Chinois et Indiens) lâchèrent Bush. La mer se retirant devoila le secret des polichinelles : des millions des braves gens s'étaient endettés sans avoir le premier sou pour payer, leurs banques s'étaient dépêchées de refourger ces crédits de poussière et de cendres à qui elles pouvaient (empochant au passage de juteuses marges et dorés parachutes, normal, c'est leur métier).
La belle grosse bulle. Une manière de faire croire à des gens que les poules auront des dents et que demain le miel coulera du ciel. Un truc vieux comme la ruée vers l'or et le mythe de la Terre promise. L'un des problèmes de l'Empire américain réside dans le fait que depuis quatre décennies il dort, dîne, respire à crédit. Il peut s'offrir ce luxe, étant lui-même le banquier atitré du monde, sa monnaie étant, par la force des armes et le poids historique de son économie, monnaie de référence.
Et qu'est-ce qu'une monnaie sinon l'image imprimée de la confiance que l'on accorde à celui qui vous distribue les bons points?
Mais voila. Le fossé entre le réel et l'imaginaire se creuse. Que sont aujourd'hui les Etats-Unis ? Une puissance industrielle ? Un immense centre commercial arpenté par des cohortes de consommateurs en quête de leur "shoot" d'achat ?
La dette extérieure américaine vient de dépasser les 10.000 milliards de dollars. Plus de 80.000 dollars de crédit "national" par foyer.
Qui peut croire qu'un jour les Américains rembourseront cela ?
La dette est en dollars. Ce bon vieux dollar. La crise du dollar est ouverte. Elle vient d'être en partie comblée par les Européens, dont le discours subliminal, ce week-end fut : "nous garantissons que les gouffres des caisses des banques seront comblés par toutes nos monnaies et la sueur de nos contribuables" Les Chinois ne disent pas autre chose en en achetant, encore, des dizaines de milliards de bons du Trésor US.
La planche à billet va accélérer sa cadence. Des milliards de billets verts imprimés et distribués comme des confettis. La valeur du dollar va sombrer et s'équilibrer autour d'un nouveau paradigme : jusqu'où les nations du monde sont-elles prêtes à garantir la valeur de la monnaie américaine pour empêcher le naufrage général ?
Je prends le pari : la dette US sera purement et simplement partagée entre toutes les économies du monde.
Pour partie elle l'est déjà. Elle vient de l'être, ce week-end, à Washington et Paris.
Reste à savoir si en contrepartie les nations parviendront à imposer un régime minceur aux Etats-unis, en les obligeant à renoncer à la monnaie de référence, en imposant un pannier de devises.
Si l'on y parvient pas ?
La réalité s'imposera. C'est une des seules règles qu'enseigne l'histoire de l'économie : vous pouvez mentir encore et encore, longtemps, faire payer vos dettes à ceux qui gobent vos fadaises. Mais le jour où ils réaliseront que le roi était nu il faudra courir très vite.
C'est par ici, dans les étages et l'atrium du bâtiment 40 (expériences CMS et Atlas), et sinon à la cafétéria du Cern (Centre européen de recherches sur les particules), à Genève, que s'affairent les milliers des cerveaux qui doivent, devraient, auraient du, voici quelques mois, débusquer les lois obscures de notre monde. Leur mission, puisqu'ils l'ont ainsi définie : chatouiller une particule non encore vue mais attendue par la théorie du "modèle standard", roulement de tambour, le Boson de Higgs.
Voiles et Voiliers consacre, dans son numéro d'octobre, un dossier de 16 pages à Nicole Van de Kerchove. Je ne parlerai plus ici de la douleur du départ de mon amie à la vie si belle et rebelle. Mais je ne pouvais pas n'en rien dire. Un beau texte, et un joli boulot d'exhumation de documents et de photos. Merci Laurent, merci Eric.
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Il conviendrait au passage de saluer le départ de Willy de Roos, un autre frère de la côte, que le crabe a emporté au coeur de l'été. Oui faisons-le. Nicole sinon en grognerait de mécontentement.
Coup de canon. Passage du nord-ouest en solitaire, navigation autour des deux Amériques... Celui -là non plus n'avait pas sa pipe dans sa poche, mille sabords. Un verre d'eau salé pour toi, commandant. Il rêvait de Magellan. De remuer les mêmes eux que lui, de l'étrave de son Williwaw. Il l'a fait, et ensuite a filé ses cartes du Détroit et des Canaux à Nicole. Encore une rasade, de rhum, cette fois... A toi.
La liste serait interminable. Les connus, les inconnus. Les trop humains et les autres.
Mais à quoi bon ? Pourquoi encore sillonner les Océans alors que la misère sévit, que les pirates, que les conflits "asymétriques", que le pétrole, etc...
Ce que le vent me glisse, en me prenant la nuque, les yeux sur l'horizon fréquenté par tous ces gars et ces nanas, c'est que maintenant que Magellan et les autres ont fait le boulot il est bien que certains continuent pour rien. Tans pis si les marinas sont pleines, si les cargos se multiplient, si pirates et rackets nous crient que tous ne partagent ni l'aisance et l'insouciance de naviguer.
Le geste élégant de ceux qui ont quitté, confort, certitudes, parents et amis, retombées médiatiques et enjeux personnels pour la beauté des vagues, ce geste là m'est aussi vital que la précision du jeu d'un virtuose. Ii y a désormais en mer une armada bateaux de plastoc, des mouillages pollués et des comportements de couillons.
Mais pour un patron de port corrompu, ou alors une Maud Fontenoy exemplaire de contre sens et de mythologie arpentée à l'envers, il y aura toujours ce marin anonyme, le coeur large, le front brûlé de soleil, qui aimera l'albatros et la mer comme la chantait Brel. Pour rien. Pour elle.
On dira longtemps d'eux qu'ils savaient naviguer.
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